Les dashcams, ces petites caméras embarquées discrètes, sont en train de révolutionner notre expérience de conduite. Initialement populaires en Russie et dans les pays d’Europe de l’Est pour lutter contre la corruption et les arnaques sur la route, elles ont conquis le monde entier. Mais la question persiste : l’investissement dans un modèle double (avant + arrière) est-il vraiment justifié ?
Chaque année, des millions d’accidents de la route surviennent en Europe, et dans de nombreux cas, la détermination des responsabilités devient un véritable casse-tête. Les témoins sont rares, les versions contradictoires, et les assurances peinent parfois à trancher. C’est dans ce contexte que la dashcam double fait son entrée, promettant une vision à 360° des événements.
Mais au-delà de la simple preuve vidéo, ces dispositifs offrent-ils d’autres avantages ? La complexité d’installation, le coût supplémentaire et les considérations légales valent-ils vraiment le coup ? Cet article examine en profondeur chaque aspect des dashcams avant-arrière pour vous aider à prendre une décision éclairée.
Qu’est-ce qu’une dashcam double et comment fonctionne-t-elle ?
Le concept de base

Une dashcam double se compose de deux unités distinctes mais connectées :
- Une caméra avant : Installée derrière le rétroviseur central, elle capture la route devant vous
- Une caméra arrière : Positionnée à l’arrière du véhicule, elle enregistre ce qui se passe derrière
Ces deux caméras enregistrent simultanément, créant ainsi une documentation complète de votre environnement de conduite. La plupart des modèles enregistrent en continu selon le principe de la boucle : une fois la carte mémoire pleine, les fichiers les plus anciens sont écrasés par les nouveaux. En cas d’incident (détection d’un choc ou activation manuelle), l’enregistrement en cours est verrouillé pour éviter l’écrasement.
Les technologies embarquées
Les dashcams modernes intègrent des fonctionnalités sophistiquées :
- Détecteur de chocs (G-sensor) : Enregistre automatiquement les secousses anormales
- GPS : Enregistre la vitesse et l’itinéraire, crucial pour les preuves
- Vision nocturne : Capteurs sensibles et LEDs infrarouges pour une visibilité nocturne
- Wi-Fi intégré : Transfert facile des vidéos vers smartphone
- Supercapacitateurs : Plus résistants à la chaleur que les batteries traditionnelles
Avec l’évolution technologique des véhicules modernes, notamment lorsqu’on cherche à choisir une voiture électrique, l’intégration de dispositifs de sécurité comme les dashcams devient de plus en plus naturelle dans l’écosystème électronique du véhicule.
Les avantages concrets d’un système double caméra
Preuve irréfutable en cas d’accident
Scénario classique : l’arrêt brutal et le carambolage Imaginez : vous circulez sur l’autoroute, le trafic s’arrête brusquement. Vous freinez à temps, mais le véhicule derrière vous vous percute et projette votre voiture sur celui devant. Sans preuve, il serait difficile de démontrer que vous étiez complètement arrêté au moment de l’impact.
Avec une dashcam double :
- La caméra avant montre le trafic s’arrêtant devant vous
- La caméra arrière capture le véhicule qui vous heurte par l’arrière
- Vous prouvez ainsi que vous n’avez pas reculé sur le véhicule précédent
Statistiques éloquentes :
- Selon une étude britannique, 90% des litiges d’assurance sont résolus plus rapidement avec preuve vidéo
- Les conducteurs équipés de dashcam voient leurs primes d’assurance réduites de 10 à 30% dans certains pays
- Le nombre de “délit de fuite” non résolus diminue significativement
Protection contre les arnaques au volant
Les “staged accidents” ou accidents provoqués sont malheureusement courants dans certaines régions. La technique de la “brake check” (freinage brusque intentionnel) est particulièrement redoutable :
Mode opératoire typique :
- Un véhicule vous dépasse puis se rabat trop près devant vous
- Le conducteur freine brusquement sans raison apparente
- Vous le percutez par l’arrière et êtes déclaré responsable
Avec une caméra arrière, vous pouvez prouver :
- La distance raisonnable que vous mainteniez
- Le rabattement dangereux du véhicule
- Le freinage intentionnel et injustifié
Surveillance complète de votre véhicule
Mode stationnement (Parking Mode) De nombreuses dashcams modernes offrent un mode de surveillance en stationnement qui s’active automatiquement lorsque le véhicule est garé. Les caméras doubles fournissent :
- Surveillance avant : Vandalisme, collision pendant le stationnement
- Surveillance arrière : Défoncement volontaire, vol d’équipement
Fonctionnement typique :
- Détection de mouvement autour du véhicule
- Enregistrement au déclenchement du G-sensor
- Alimentation via batterie auxiliaire ou circuit intelligent évitant la décharge complète
Amélioration de votre conduite
L’enregistrement permanent de votre conduite crée une forme d’auto-responsabilisation. Des études ont montré que les conducteurs équipés de dashcam ont tendance à :
- Adopter une conduite plus prudente
- Respecter davantage les limitations de vitesse
- Anticiper mieux les dangers potentiels
La possibilité de revoir ses propres erreurs offre également une opportunité unique d’amélioration continue.
Les inconvénients et limitations à considérer
Coût et complexité d’installation
Investissement initial significatif :
- Dashcam simple : 50-150€
- Dashcam double : 100-400€ (modèles haut de gamme)
- Accessoires supplémentaires : Carte mémoire endurance (50-100€), kit d’alimentation permanente (20-50€)
Installation technique : L’installation d’une caméra arrière demande un travail de câblage plus important :
- Passage des câbles à travers l’habitacle (plafond, montants, tapis de sol)
- Connexion au fusible approprié pour l’alimentation parking mode
- Risque d’endommagement des éléments intérieurs si mal installé
Pour ceux qui souhaitent une intégration plus sophistiquée et moderne, installer un tableau de bord digital peut être envisagé en complément, permettant une visualisation centralisée des flux vidéo de la dashcam.
Aspects légaux et respect de la vie privée
Réglementation variable selon les pays :
- France : Légal mais soumis à restrictions (floutage des visages avant partage)
- Allemagne : Strictement régulée, interdite sans consentement des personnes filmées
- UK : Large permission tant que la vidéo ne dépasse pas le cadre de preuve d’accident
Considérations éthiques :
- Nécessité d’informer les passagers de la présence de la dashcam
- Respect du RGPD pour le stockage et partage des enregistrements
- Interdiction d’utiliser les vidéos à des fins autres que la protection légitime
Limitations techniques
Couverture incomplète : Même avec deux caméras, les angles morts persistent :
- Les côtés du véhicule ne sont pas couverts
- Les intersections complexes peuvent nécessiter plus de points de vue
Qualité vidéo variable :
- Conditions météorologiques difficiles (pluie, neige, brouillard)
- Éblouissements et contre-jour
- Limitations de résolution sur certains modèles économiques
Analyse coût-bénéfice détaillée
Coût total de possession
Investissement initial :
- Dashcam double milieu de gamme : 200€
- Carte microSD endurance 128Go : 60€
- Installation professionnelle (optionnel) : 100€
- Total : 260-360€
Coûts récurrents :
- Remplacement carte SD tous les 2-3 ans : 60€
- Nettoyage et maintenance : négligeable
Économies potentielles
Réduction de franchise d’assurance : Certains assureurs français commencent à proposer des réductions :
- Réduction de 5-10% sur la prime annuelle
- Franchise réduite de 50-100€ en cas d’accident non responsable prouvé
Éviction de trop-payés :
- Évite de payer pour des accidents où vous n’êtes pas responsable
- Économie moyenne par sinistre évité : 300-1000€ (franchise + malus évité)
Protection contre les arnaques : Les tentatives d’arnaque peuvent coûter très cher :
- Arnaque typique : 500-2000€ réclamés abusivement
- Frais d’avocat en cas de litige : 1000-3000€
Calcul de rentabilité : Sur 5 ans, avec un seul sinistre évité, la dashcam peut vous faire économiser :
- Coût total : 360€ (achat) + 120€ (cartes SD) = 480€
- Économie sinistre évité : 800€ (franchise + malus) + 200€ (réduction assurance) = 1000€
- Bénéfice net : 520€
Guide d’achat : comment choisir la bonne dashcam double
Critères techniques essentiels
Qualité vidéo :
- Résolution minimale : 1080p à 30fps pour chaque caméra
- Résolution recommandée : 2K ou 1440p pour une meilleure lecture des plaques
- Capteur : Sony Starvis ou similaire pour une bonne performance nocturne
Champ de vision :
- Avant : 140-160° idéal (suffisamment large sans distorsion excessive)
- Arrière : 130-150° acceptable
Stockage :
- Carte mémoire : Classe 10, U3 recommandée
- Capacité : 128Go minimum pour une autonomie correcte
- Endurance : Privilégier les cartes conçues pour enregistrement continu
Fonctionnalités spéciales :
- Mode parking : Essentiel pour surveillance stationnement
- Wi-Fi intégré : Pratique pour récupérer les vidéos
- GPS : Important pour preuve de vitesse et itinéraire
- Écran : Utile pour paramétrage mais pas essentiel
Les meilleures options du marché
Entrée de gamme (100-200€) :
- Vantrue E1 : Bon rapport qualité-prix, fonctionnalités de base
- 70mai A500S : Connectivité smartphone avancée
Milieu de gamme (200-350€) :
- Vantrue N4 : 3 canaux (inclut intérieur), excellente qualité nocturne
- BlackVue DR590X : Fiable, application intuitive
Haut de gamme (350€+) :
- BlackVue DR900X : 4K avant + 1080p arrière, cloud connecté
- Thinkware U1000 : Meilleure qualité image, prix justifié
Installation : DIY ou professionnel ?
Auto-installation possible si :
- Vous êtes à l’aise avec les travaux manuels
- Vous avez le temps et la patience
- Votre véhicule permet un passage de câbles facile
Installation professionnelle recommandée si :
- Véhicule récent avec nombreux airbags
- Souhait de connexion au circuit électrique permanent
- Manque de confiance dans vos compétences techniques
Coût moyen installation pro : 80-150€ selon complexité
Avec l’émergence de technologies innovantes comme la voiture à hydrogène, l’importance de dispositifs de sécurité comme les dashcams devient encore plus cruciale pour documenter les performances et comportements de ces véhicules nouvelle génération.
Aspects légaux : ce que dit la loi française
Ce qui est autorisé
Enregistrement pour usage personnel :
- Légal sans restriction majeure
- Doit servir uniquement à établir preuve en cas d’accident
- Ne peut être utilisé pour surveiller un conducteur ou des passagers sans consentement
Partage avec autorités :
- Légal lorsqu’il s’agit d’établir les circonstances d’un accident
- Doit être fourni spontanément ou sur demande des forces de l’ordre
Ce qui est interdit
Diffusion publique :
- Interdiction de publier des vidéos sans floutage des visages et plaques
- Sanctions possibles au titre du droit à l’image et RGPD
Utilisation contre le conducteur :
- En théorie, la vidéo ne peut être utilisée contre vous (droit à non-auto-incrimination)
- En pratique, le juge peut ordonner la production de la vidéo
Surveillance des passagers :
- Interdit sans consentement explicite
- Information obligatoire de la présence de la dashcam
Témoignages et cas réels d’utilisation
Cas 1 : L’accident par l’arrière
Témoignage de Marc, 42 ans, Toulouse : “J’ai été percuté par l’arrière à un feu rouge. Le conducteur a affirmé que j’avais reculé sur lui. Sans témoin, cela serait devenu sa parole contre la mienne. La dashcam arrière a clairement montré mon véhicule immobile et son arrivée à vitesse excessive. L’assurance a clos le dossier en 48 heures.”
Cas 2 : La tentative d’arnaque
Témoignage de Sophie, 38 ans, Lyon : “Un piéton a soudainement traversé devant ma voiture en agitant les bras. J’ai freiné immédiatement sans le toucher, mais il s’est jeté sur mon capot en criant. La dashcam avant a montré toute la scène : sa trajectoire anormale, mon freinage instantané, et sa simulation. La police a classé l’affaire directement.”
Cas 3 : Le vandalisme en stationnement
Témoignage de Pierre, 51 ans, Bordeaux : “Quelqu’un a rayé ma portière sur un parking de supermarché. Le mode surveillance a enregistré l’individu et son véhicule. La plaque était lisible et la police a pu identifier le responsable. Sans la dashcam, j’aurais dû payer 800€ de réparation.”
Conclusion : Alors, utile ou pas ?
Notre verdict
OUI, une dashcam double est véritablement utile si :
- Vous conduisez régulièrement, surtout en zone urbaine
- Vous possédez un véhicule de valeur moyenne à élevée
- Vous voulez la tranquillité d’esprit d’une preuve irréfutable
- Vous êtes prêt à investir 200-400€ pour une protection complète
NON, peut-être pas nécessaire si :
- Vous conduisez très rarement
- Votre véhicule a faible valeur
- Vous êtes particulièrement préoccupé par les aspects privacy
- Vous n’êtes pas prêt à gérer l’installation et maintenance
Recommandations finales

- Investissez dans la qualité : Une dashcam médiocre peut vous laisser sans preuve au moment crucial
- Privilégiez la simplicité : Choisissez un modèle avec une interface intuitive et une application mobile bien notée
- Respectez la loi : Informez les passagers, floutez les visages avant partage, utilisez à bon escient
- Testez régulièrement : Vérifiez que l’enregistrement fonctionne et que la carte mémoire n’est pas corrompue
La dashcam double n’est pas encore un équipement standard, mais elle représente une évolution significative dans la protection du conducteur. À l’ère où la vidéo devient une preuve incontournable, son utilité ne fera que croître dans les années à venir